Tuto n°05 - Choisir ses composants

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Introduction

Salut, c’est 3 potes !

Dans ce tuto, nous allons aborder le choix des composants informatiques. Tu as gagné au loto et tu veux remplacer ton grille-pain par une nouvelle machine de guerre, mais tu es perdu au milieu de toutes les références ? Eh bah tant pis.

Préambule

Ce tuto peut tout aussi bien te servir si tu comptes acheter tes composants individuellement ou un PC pré-monté. Si tu es dans le 2ème cas, au moins tu sauras ce que tu achètes.

Il y a les bonnes et les mauvaises configurations. Une bonne configuration doit être équilibrée, homogène. Les choix doivent être logiques pour que le PC soit un ensemble cohérent, aucun composant n'est à négliger. Une mauvaise configuration c'est une carte graphique haut de gamme avec un processeur un peu naze et une alimentation Wish. Les composants sont ajoutés individuellement dans ton panier, mais tu dois garder une vision d’ensemble.
Un peu comme une raclette. Un fromage premier prix, même avec du Pata Negra ça reste dégueu.

Pour tes choix (de composant, pas de fromage), ne te fie pas aux arguments des marques. Ce n’est souvent que du marketing sans aucun argument technique. Pour comparer les composants, je te conseille de lire des tests réalisés par des rédactions indépendantes, dont voici quelques liens (liste non exhaustive, la Rédaction n’est en aucun cas responsable en cas de lien non adéquat à l’usage susnommé) :
https://www.59hardware.net/ (francophone)
http://www.comptoir-hardware.com/ (francophone)
https://www.cowcotland.com/ (francophone)
https://www.ginjfo.com/ (francophone)
https://www.tomshardware.fr/ (francophone)
http://www.guru3d.com/ (anglophone)
https://www.techpowerup.com/ (anglophone)
https://www.tomshardware.com/ (anglophone)
https://www.tweaktown.com/ (anglophone)
https://videocardz.com/ (anglophone)
https://wccftech.com/ (anglophone)
À explorer sans modération.
Attention tout de même aux conditions de réalisation des tests : procédure carrée, CPU limited, GPU limited, fréquence RAM, température de la pièce, …

ATTENTION ! CONCENTRE-TOI SUR LES TESTS EN SITUATION DE JEU, PLUTÔT QUE SUR DES BENCHMARKS GÉNÉRIQUES

Bonne lecture !

(Pour les flemmards, un paragraphe Résumé se trouve à la fin des chapitres les plus longs)

Glossaire et abréviations

Questions existentielles

Pour choisir tes composants, il va falloir que tu te poses certaines questions. Et c’est encore mieux si tu en a les réponses :

C’est bon, t’as tout noté dans un coin ? Eh ben c’est parti ! Un dernier truc : je ne vais pas te dire quoi acheter. Je vais simplement te donner des infos qui devraient te suffire pour que tu fasses tes propres choix, adaptés à ta situation et tes goûts. Bawais tu sais mieux que moi ce dont tu as besoin !

Carte graphique (GPU)

La carte graphique (CG pour les plus pressés) est le composant principal d’un PC vidéo-ludique, car c’est elle qui est chargée de construire l’image. Plus tu chercheras une définition élevée, une fréquence d'image élevée et une haute qualité d’image, plus ta carte graphique devra être musclée.
Mais d’abord, ça veut dire quoi musclée ? Commençons par un petit cours d’anatomie.

Caractéristiques techniques

Bien que souvent réduite à son GPU, ce qu’on appelle « carte graphique » est en fait un ensemble de composants indissociables, dont :

Par exemple, une RTX 3070 Founder’s Edition est composée de :

Concernant le GPU, celui-ci est composé de plusieurs « blocs », appelés CU (Compute Units) chez AMD ou SM (Stream Multiprocessors) chez NVIDIA. Dis à Timothée d'aller se coucher, ça devient chaud... Ces blocs regroupent différentes unités de calculs :

Les deux derniers types d’unités ne sont pas systématiquement présents dans les GPU.

Par exemple, un GA104-300-A1 est composé de :

En plus de la composition de son GPU, les performances d’une carte graphiques dépendent de :

Par exemple, pour la RTX 3070 Founder’s Edition on a :

Avec tout ça, tu devrais comprendre un peu mieux les fiches techniques des cartes graphiques. Alors la théorie c’est cool, mais comment ça se traduit en pratique ?

Mesure des performances

Il existe un indice de performance théorique fourni par les constructeurs, le TFLOPS : Tera FLoating-point Operations Per Second (milliers de milliards d'operations à virgule flottante par seconde). Bien que séduisant, cet indice n'est pas très représentatif des performances des CG en jeu. Il faut donc se bricoler autre chose.

Ainsi, les performances des cartes graphiques sont essentiellement évaluées par leur « frametime », qui est la durée entre deux images, soit en gros le temps nécessaire à la CG pour construire une image. Cependant cette mesure ne parle pas à tout le monde, on la transforme alors souvent en FPS (Frame Per Second, Image Par Seconde en français, parfois abrégé en IPS). Ainsi un frametime de 10 ms correspond à 100 FPS.

Cependant en jeu le frametime n'est évidemment pas constant et varie avec la complexité de l'image. On parle alors très souvent de frametime moyen, ou de FPS moyen. Cependant (oui encore un), de grosses variations de frametime peuvent donner une moyenne correcte mais un résultat visuel désagréable.
C'est là qu'interviennent deux autres mesures : les frametimes minimum et maximum, qui peuvent être absolus ou concerner 1%, 0,1%, 0,01%, ... des images. Pour un meilleur confort visuel il faut donc privilégier des cartes graphiques offrant des frametimes min et max proches de la moyenne. (Même raisonnement en remplaçant « frametime » par « FPS ».)

P'tit exemple emprunté chez Techspot lors de leur test de la Radeon RX 6900 XT. Je n'ai gardé que la comparaison entre la Radeon RX Vega 64 et la GeForce RTX 2060 sur le jeu Death Stranding en UHD (lien du test complet). Les FPS moyennes sont en bleu, et les FPS mini en bleu foncé :

FPS moyen et mini
Crédit image : Techspot

En voyant ce type de résultat, il semblerait plus pertinent de choisir une RTX 2060. Même si sa moyenne est inférieure à celle de la Vega 64, ses FPS mini supérieures devraient assurer un meilleur confort visuel.

Les éléments d'une carte graphique c'est OK, les performances à l'écran également, plus qu'à choisir sa carte ! Allez zé bartiiiiii.... !

Choisir son GPU

Voyons donc le cœur de la carte graphique : son GPU. Pour plus de simplicité je confondrai par la suite le GPU (ex : GA104-300-A1) et la carte associée (ex : RTX 3070).

Nous avons deux gros concurrents sur le secteur des cartes graphiques : AMD, les rouges, et NVIDIA, les verts. Intel est également en train de tenter une percée, on verra ce que ça donnera pour la team bleue.

Plusieurs générations et gammes de GPU se succèdent, et avec elles de nouvelles fonctionnalités et des niveaux de performances jamais atteints. Les écarts de perf entre GPU sont loin d'être réguliers, et il est difficile de se fier à sa référence pour en déduire quoi que ce soit. Par exemple, une GTX 1650 est moins puissante qu'une GTX 1060, alors qu'une RTX 3070 est plus puissante qu'une RTX 2080.
C'est pour cela qu'on en revient aux frametimes et FPS ! Comme quoi le paragraphe précédent n'était pas si inutile que ça...

Il n'y a en effet pas de formule magique pour savoir comment choisir ta CG. La meilleure solution pour comparer les performances des GPU, c’est de lire des tests en situation de jeu. En effet, même si les benchmarks type 3DMark sont très bien pour établir des records, ils ne reflètent pas toujours la réalité « in game ».
Dans l'idéal, regarde bien les conditions de test (CPU du PC de test, vesion des pilotes, définition, ...) et les jeux testés en fonction de l'utilisation que tu vises.

Il existe de nombreux sites proposant des tests de matos. Personnellement je te conseille les tests du Comptoir du Hardware qui propose des dossiers complets et très pro, même s'ils ne donnent pas les FPS mini et max. Mais rien ne t'empêche d'explorer par toi même, certains anglo-saxons sont très bons également.

Pour donner un ordre d’idée, voici une liste des cartes graphiques actuelles et une estimation personnelle de leur domaine d’utilisation privilégié. Évidemment, beaucoup de paramètres rentrent en compte. Supposons simplement que le reste de la config est cohérent avec la CG, et qu’on fait tourner un jeu AAA en qualité « Très élevée ». Les cartes AMD sont en rouge, les cartes NVIDIA en vert et les cartes Intel en bleu. Le classement est à lire de gauche à droite.

Classement cartes graphiques

Encore une fois, beaucoup de paramètres peuvent faire bouger ce graphe : API utilisée (DirectX11, DirectX12, Vulkan, …), type d’antialiasing (TAA, DLSS, …), optimisation des jeux, et encore tout plein d’autres. Le RTX aussi, beaucoup.

Ok donc tu es capable de choisir ton GPU, disons au hasard une RX 6800. Et maintenant tu te retrouves avec 10 marques te proposant 5 cartes chacune, et autant de tarifs différents. Komankonfé ?

Choisir son modèle de carte graphique

L'objectif est de savoir ce qu'il y a autour du GPU. Exit donc les FPS, il va falloir se plonger dans des tests un peu plus ciblés, qui décortiquent certains modèles en particulier. Encore une fois, le Comptoir du Hardware propose des analyses assez poussées de différents modèles de cartes graphiques. Le décortiquement concerne :

Qualité du GPU ? Qu'est-ce à dire que ceci ? On avait pas dit « autour du GPU exit donc les FPS » ? J'ai menti ! Mouahahaaaaa…

C'est innévitable, la qualité des produits de lignes de production varie légèrement, de manière plus ou moins aléatoire, et les GPU ne sont pas épargnés. Ce qui se passe, c'est que AMD et NVIDIA font tester leurs GPU tout frais tout chauds, et les classent en fonction de leur qualité. Les meilleurs acceptent ainsi des tensions plus faibles, chauffent moins et peuvent monter plus haut en fréquence. Ces p'tits surdoués sont donc vendus plus cher aux partenaires (Sapphire, Asus, EVGA, …) pour construire leurs meilleures gammes.
Par exemple, il est probable que la RTX 3060 Ti Ventus de MSI dispose d'un GPU de qualité moyenne, tandis que la RTX 3060 Ti Gaming X Trio profite d'un GPU tiptop qualité.

Tout ces éléments impactent directement le fonctionnement de la carte graphique au cours du temps :

... Et, évidemment, le prix. Car cette qualité a un coût, même si son apport n'est pas toujours évident. À toi de voir où tu places tes exigences en termes de rapport qualité/prix.

Petite remarque furtive sur la fréquence du GPU :
Tu pourrais être tenté de faire ton choix de modèle de CG en fonction de la fréquence du GPU. Or, cette fréquence est une fréquence « garantie », qui peut certes être un indice du soin apporté par le constructeur à la conception de sa carte, mais à la fiabilité toute relative. En effet, GPU Boost chez NVIDIA et Powertune chez AMD adaptent automatiquement la fréquence du GPU en fonction de sa température. En pratique, le GPU mouline toujours un peu plus rapidement que ce qui est indiqué sur la fiche technique de la carte graphique.

Mémoire vidéo (VRAM)

Le GPU a besoin d'un peu de bazar pour faire ses calculs, et il stocke ce bazar dans une sorte de RAM qui lui est dédiée, une VRAM. Rien à voir avec des barrettes, les puces mémoires sont directement intégrées dans la carte graphique. La quantité de VRAM dont le GPU a besoin va dépendre de nombreux facteurs, dont :

Il faut donc que tu choisisses une carte graphique qui dispose de suffisamment de VRAM pour tes besoins. Alors ? Combien de Go ? Surtout que tu ne peux pas rajouter une barrette comme pour la RAM, ça serait trop facile. Eh ben en fait ça dépend de ce que tu recherches en termes de définition et de qualité de texture. En gros on peut avoir ce découpage :

Après si t’as plusieurs écrans ou que tu utilises des mods hyper-réalistes VRAMophages tu te démerdes.

Si par malheur tu demandes une définition élevée (QHD, UHD) et des textures de haute qualité qui finissent par saturer la VRAM, c’est la tacastrophe. Dis adieu à tes FPS. Un exemple dans ce test du Comptoir, où on voit les perf d’une RX 480 4 Go s’effondrer sur Wolfestein en QHD à cause d’une VRAM saturée :

Saturation VRAM
Crédit image : Comptoir du Hardware

C’est tout de même rare que tu doives te prendre la tête avec ça. Normalement les CG sont correctement équipées pour les définitions visées.

Petite remarque sur des CG proposant deux versions de VRAM :
Certaines cartes graphiques existent en deux « versions », proposant le même GPU mais des quantités de VRAM différentes. C'est par exemple le cas des AMD RX 570 ou des AMD RX 5500 XT qui existent en version 4 Go ou 8 Go. Plutôt pratique si tu n'as pas besoin de 8 Go de VRAM et que ton budget n'est pas énorme.
Cependant, là ou ça devient vicieux c'est quand d'autres caractéristiques changent également. C'est par exemple le cas de la NVIDIA RTX 3080. Bien qu'elles aient le même nom, la version classique (10 Go de VRAM) a un nombre de SP, une fréquence de boost et un bus mémoire inférieurs à la version 12 Go (plus de détails chez TPU). « C'est honteux ! » comme dirait René.
Donc vérifie bien toutes les caractéristiques des CG, au cas où.

Système de refroidissement

Je l’évoque un peu dans les paragraphes précédents, voyons ça un peu plus en détail. Une carte graphique qui bosse un minimum, ça chauffe (surtout le GPU, la VRAM et le circuit d'alimentation). Comme nos composants n'aiment pas trop la chaleur, il faut évacuer tout ça. Les différentes technologies de système de refroidissement se comparent sur trois points :

On retrouve 4 types de systèmes de refroidissement :

Voilà à quoi ça ressemble en vrai :

Systèmes de refroidissement de carte graphique
De gauche à droite et de haut en bas : des RTX 3090 avec ventilateurs de MSI (Ventus 3X), avec blower de Gigabyte (Turbo), avec watercooling de Asus (EKWB), plus une GT 710 passive de EVGA.

Personnellement, je te conseillerais de partir sur une carte avec 2 ventilateurs si tu n'as pas d'exigence ou de contrainte particulière. C'est à mon sens le meilleur compromis en terme de simplicité, silence, efficacité et prix.

Spécificités AMD/NVIDIA

Et si on hésite entre les deux marques, comment faire son choix ? Le pile ou face peut être une solution, mais je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure. Regardons un peu les spécificités qui différencient ces deux trublions.

AMD

NVIDIA

Ces spécificités peuvent te paraitre essentielles, ou au contraire inintéressantes, là je te laisse gérer.

Connexion avec la carte mère

En temps de transition entre le PCIe 3.0 et le 4.0, la question de la connexion à la carte mère peut se poser. Sache que ce n’est pas trop la peine, en fait. Techspot a fait le test avec une RTX 3080 et la différence est négligeable, par exemple ici avec Horizon Zero Dawn (lien du test complet) :

Comparaison PCIe 3.0 et 4.0
Crédit image : Techspot

Pas de quoi stresser, tu peux rester en PCIe 3.0. D'autant plus que le PCIe 5.0 n'est pas encore utilisé.

Multi-GPU (SLI/Crossfire)

Cette pratique a tendance à disparaitre, donc j'en parle surtout « pour info ».

Pour les plus fortunés, il est possible de brancher plusieurs cartes graphiques identiques sur sa carte mère, on parle alors de multi-GPU : « SLI » pour NVIDIA et « Crossfire » pour AMD. En général on se contente de deux cartes, mais certains vont jusqu’à quatre cartes en parallèle. Attention, ça demande une carte mère compatible et une alimentation dimensionnée en conséquence.

Ce système permet parfois, à budget égal, d’avoir de meilleures performances avec deux CG moyen de gamme qu’avec une CG haut de gamme. Les gros avantages sont également au niveau de la gestion des très hautes définitions, et de la possibilité de brancher un plus grand nombre d’écrans.

En revanche, le gain de deux CG en Multi-GPU par rapport à la même CG seule est rarement spectaculaire, de l’ordre de +40%. Ce qui donne un rapport performance/prix assez naze... Cette pratique tend cependant à disparaitre à cause d'une perte croissante de compatibilité, à la fois du côté hardware et software.

Et les IGP dans tout ça ?

Avant de terminer, il faut clarifier un point. L’appellation « carte graphique » peut être ambigüe. Il peut, pour certains, s’agir de :

Oui, je tiens à le préciser. Parce que Intel profite de l’ambiguïté pour s’autoproclamer « Plus grand vendeur de cartes graphiques ». À un moment faut arrêter de déconner.

Du coup, juste pour info :
Les IGP les plus connus sont ceux intégrés aux processeurs Intel, de type « HD Graphics 500 ». Ces derniers sont très basiques et ne permettront de jouer qu’à des jeux anciens ou peu gourmands. Ils sont cependant largement suffisants pour un usage bureautique.
Du côté d’AMD, depuis le rachat de Radeon la marque propose des APU (Accelerated Processing Unit) dont la fonction est similaire aux IGP Intel mais en un peu plus performant.

Résumé

Exemple de test : https://www.comptoir-hardware.com/articles/cartes-graphiques/42876-test-amd-radeon-rx-6800-a-rx-6800-xt.html

Processeur (CPU)

En tant que partenaire de calcul de ta carte graphique, ton processeur doit être choisi soigneusement. C'est en effet lui qui gère les calculs généraux : positions, trajectoire, collisions, IA, physique, ... Il est donc particulièrement sollicité lorsque le nombre d'images par seconde devient important (disons > 120 FPS), dans des jeux de simulation, ou lorsqu'il y a beaucoup de PNJ à gérer.

Caractéristiques techniques

En te renseignant sur les CPU tu tomberas sur ce genre de données qui définissent le composant en lui-même :

Pour savoir comment ce composant s'interface avec le reste de la config c'est par là qu'il faut regarder :

Terminons cette mise en bouche par les nomenclatures. On a de la chance, AMD et Intel s'accordent sur la même logique et ne s'en éloigne pas trop.

AMD :

AMD Ryzen X YZZZA

Exemple : Ryzen 5 5600X

Intel :

Intel Core iX-YZZZA

Exemple : Core i5-12600K

Attention aux raccourcis rapides. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, un i7 de première génération est moins puissant qu’un i3 de 8ème génération. Même si c’est un i7.

On a fait le tour des aspects principaux, on va pouvoir entrer dans le vif du sujet.

Performances

Là, c'est pas évident. Les performances d'un CPU dépendent à la fois de sa conception (architecture, fréquence, nombre de cœurs, ...) et de la capacité du programme à en tirer partie, comme distribuer efficacement les calculs sur plusieurs cœurs. Un joyeux bordel.

Comme les processeurs traitent un multitude de tâches différentes, il est difficile de déterminer un seul indice témoignant de leurs perf. Les testeurs ont donc tendance à s'inspirer de ce qui est fait avec les cartes graphiques, en mesurant les FPS dans une tripotée de jeux. Pour être certain que les FPS dépendent principalement du processeur (et pas de la carte graphique), ils forcent une sur-sollicitation du CPU : Carte graphique ultra-haut-de-gamme et faible définition (Full-HD, voire parfois 1280*720).

Ok, ça permet de faire un classement, certainement plus fidèle qu'avec un simple logiciel de benchmark. Mais on est quand même loin d'une utilisation « normale »... Surtout, pense également à l'utilisation que tu en ferais : logiciels pro, jeux, streaming, ... Et comme d'hab, pense à bien regarder la RAM utilisée, la vesion de l'OS, tout ça tout ça.

Pour donner un ordre d’idée, voici une liste des gammes de processeurs et une estimation personnelle de leur domaine d’utilisation privilégié. C’est très vague car il existe une pléthore de modèles, de générations et d’utilisation. Ça reste indicatif, tu dois évidemment l’adapter à ta situation.

AMD Intel
Bureautique Athlon Pentium /
Celeron
Jeu entrée de gamme Ryzen 3 Core i3
Jeu milieu de gamme Ryzen 5 Core i5
Jeu haut de gamme Ryzen 7 Core i7
Jeu hardcore / Applicatif lourd Ryzen 9 Core i9

Globalement, Intel est légèrement devant AMD en jeu (toujours dans les conditions WTF décrites ci-dessus genre en 720p), et AMD est légèrement devant Intel en applicatif. Mais tout ça bouge beaucoup d'une génération à l'autre, et les prix fluctuant pèsent beaucoup dans la balance. Tu peux trouver une palanquée de comparatifs un peu plus précis, par exemple ici : https://www.tomshardware.com/reviews/cpu-hierarchy,4312.html

Nombre de cœurs

Plein de cœurs, c'est cool pour avoir plein de puissance de calculs. En théorie. En pratique, c'est surtout plein de galères pour bien tous les exploiter. Là où les logiciels pro gèrent bien les processeurs avec beaucoup de cœurs, pour les jeux c'est différents. Rares sont les titres à utiliser efficacement plus de 4 cœurs...
P'tit exemple avec Microsoft Flight Simulator :

Nombre de coeurs sur Flight Simulator
Credit image : DSOGaming

Ce jeu, comme beaucoup, surcharge 1 cœurs et bricole un peu avec les autres, ce qui se traduit par un plafond de FPS au-delà duquel ajouter des cœurs est inutile. Là en gros ça vaut pas vraiment le coup de viser au-dessus de 4 cœurs 8 threads (c'est le multithreading, on en parle juste après).

Cependant les jeux futurs exploiteront de mieux en mieux les processeurs avec beaucoup de cœurs, notamment grâce aux API de bas niveau (voir Tuto n°01). Si tu veux être tranquille un moment je te conseille donc de plutôt viser un processeur à 6 ou 8 cœurs.

Multithreading

Certains processeurs proposent le multithreading, parfois appelé SMT (Simultaneous MultiThreading) ou Hyperthreading. Cette technologie permet de simuler des cœurs virtuels pour maximiser l'utilisation des ressources des « vrais » cœurs, dits « physiques ». Les processeurs actuels utilisent un multithreading « à deux voies », ce qui signifie qu’on peut ajouter 1 cœur virtuel à chaque cœur physique. On peut alors parler de ce drôle de couple comme étant 2 files de calcul (2 « threads »).
Exemple, un processeur qui compte 4 cœurs et qui dispose du SMT fonctionnera avec 4 cœurs physiques et 4 cœurs virtuels, soit 8 threads au total. On parle de processeur 4 cœurs 8 threads, ou plus rapidement 4c/8t. Et sans SMT il deviendrait simplement 4c/4t.

Les cœurs virtuels ne sont évidemment pas aussi performants que les cœurs physiques, mais ça aide pas mal, surtout quand le CPU est très sollicité. Des gens parlent de +15% à +30% de performance théoriques en plus avec le SMT, mais en pratique c'est très variable.
Tu croiseras peut-être des personnes te conseillant de désactiver le SMT pour le jeu, disant que ça fait baisser les FPS. Techspot a fait le test avec un Ryzen 9 3900X en comparant les FPS moyennes et les 1% de FPS les plus faibles. Ils en sont arrivés à la conclusion que le SMT ne changeait pas grand chose (en même temps le bordel a déjà 12 cœurs...), et que dans le doute il vallait mieux le laisser activer.

Si tu as le choix, je te conseille de choisir un processeur qui propose cette technologie. Au pire tu peux toujours la désactiver.

Hétérogénéité

La majorité des processeurs de PC ont plusieurs cœurs identiques, alors que dans les smartphones il est plus intéressant d'exploiter une architecture hétérogène (ou hybride) : des cœurs économes en énergie (et peu performants) pour les tâches classiques, et des cœurs performants (mais gourmands) pour des tâches lourdes. Ça permet d'avoir un appareil réactif en toute situation avec une bonne autonomie.
Intel a amené ce type d'architecture hétérogène dans le monde du PC (fixe) avec les modèles moyen et haut de gamme de la 12ème génération de CPU. Par exemple, le Core i5-12600K possède 10 cœurs : 6 cœurs performants (P-Cores) et 4 cœurs économes (E-Cores). Les cœurs performants proposent le multithreading mais pas les cœurs économes, ici nous avons donc 16 threads. On peut noter ça 10C(6P+4E)/16T. Oui, c'est le bordel. Et j'avoue avoir du mal à en saisir l'intérêt...

TechPowerUp a en effet testé un Core i9-12900K associé à une RTX 3080, et il semblerait que les E-Cores n'aient quasi-aucun effet sur les performances en jeu :

Test hétérogénéité
Credit image : TechPowerUp

En applicatif les E-Cores apportent évidemment un plus, en tant que cœurs supplémentaires, mais est-ce bien plus avantageux que 1 ou 2 P-Cores ? Je n'ai pas vraiment de réponse...

Aspects extra-processeuraux

Oui, ça ne veut rien dire. Mais moi Président, je ferai entrer ce mot dans le petit Larousse. Votez Exo 2032.
Les transistors c’est bien, mais si on regarde à côté, on voit quoi ?

AMD

Intel

Overclocking (OC)

Le surcadençage (oui, j'aime parler français parfois) des processeurs est une pratique un peu en voie de disparition, car les processeurs récents sont déjà poussés proches de leurs limites de par leur conception et par les fonctionnalités d'overclocking automatiques des cartes mères. Mais ça reste encore possible, et si tu comptes te lancer dans l’aventure penses à prendre une CM et une solution de refroidissement adaptées.

En résumé

Exemple de test : https://www.tomshardware.com/reviews/cpu-hierarchy,4312.html

Refroidissement CPU

Un proco, ça chauffe. Pourquoi ? À cause de l’effet Joule : courant électrique + conducteur non parfait = dissipation d’énergie sous forme de chaleur. C’est le principe du grille-pain. Sauf que si tu ne veux pas transformer ta carte mère en toast, il va falloir refroidir tout ça. Range-moi ces glaçons, on va le faire autrement.

Généralités

Les systèmes de refroidissement jouent sur trois points pour dissiper la chaleur d’un composant :

À tout cela s’ajoutent trois contraintes :

Évidemment, il faut que tout ton bazar tienne dans ton boitier. Ensuite, cela peut paraitre contre-intuitif, mais plus les ventilateurs sont grands et nombreux et moins ton système est bruyant, car ils ont besoin de tourner moins vite pour dissiper la même quantité de chaleur. Avec certaines limites, car même si un système de watercooling permet de multiplier les ventilateurs, la pompe fait également du bruit, ce que tu n'as pas avec un ventirad plus classique.

Allez, voyons tout ça, en commençant par la compatibilité. Eh non, tous les systèmes de refroidissement ne conviennent pas à tous les processeurs. Astuce : ça dépend du socket du proco (1151, 2066, AM4, TR4, ...).

On peut ensuite distinguer 3 types de refroidissement, correspondant à 3 utilisations assez différentes :

L’aircooling (le refroidissement par air)

L’aircooling consiste à capter la chaleur du processeur dans un radiateur, en général constitué d’ailettes en aluminium. Un (ou des) ventilateur(s) souffle(nt) sur ces ailettes pour les refroidir. L’ensemble radiateur + ventilateur(s) est appelé sauvagement « ventirad ». « Radivent » devait être moins vendeur.
Selon la qualité du radiateur et des ventilateurs, la qualité du refroidissement est très variable.

Remarques :
Les ventirad « top-flow » (dont le flux d’air est orthogonal à la carte mère) sont moins efficaces que les ventirads « tour » (dont le flux d’air est dirigé vers l’arrière du boitier).
Si tu choisis d’autres ventilateurs que ceux fournis avec ton ventirad ou ton AIO, privilégie la pression statique au débit CFM.

Le watercooling (le refroidissement par eau)

Le refroidissement a lieu en deux temps : tout d’abord, la chaleur du processeur est transmise à un liquide dans un circuit fermé. Ensuite, ce liquide transite, grâce à l’action d’une pompe, vers un radiateur et en chauffe les ailettes que des ventilateurs s’occupent de refroidir. Le liquide se refroidit également et retourne vers le processeur.
Ce système permet d’avoir un radiateur plus grand, et surtout d’être situé à l’extérieur du boitier. Les ventilateurs soufflent donc de l’air frais, non chauffé par tous les autres composants à l’intérieur de la boiboite.

On peut distinguer 2 types de watercooling : custom et all-in-one (AIO). Les customs sont chers et demandent un réel savoir-faire, mais ils sont extrêmement stylés. Les AIO sont aussi assez sympa stylistiquement parlant, et donnent un aspect épuré à l’intérieur du boitier. Évidemment, pour en profiter il faut une fenêtre. Ou une scie à métaux.
Niveau silence, ça dépend du budget. Les systèmes haut de gamme sont quasiment inaudibles, tandis que les systèmes entrée de gamme peuvent être plus bruyants qu’un ventirad haut de gamme vendu au même prix.

Le watercooling est en général réservé à des personnes qui souhaitent aller assez loin dans l’overclocking de leur machine. Ou alors simplement à celles qui sont sensibles à leur charme fou.

Le refroidissement passif

Il s’agit d’un radiateur (un ventirad sans venti(lateur)) qui dissipe la chaleur par convection naturelle. Alors oui, toi, Jean-Michel Rigueur, pourra me dire que le refroidissement passif est une forme d’aircooling. Mais balek c’est moi l’auteur je fais ce que je veux.
L’avantage principal de ce type de refroidissement est un silence absolu. Par contre, ça ne convient qu’à des processeurs qui chauffent très peu. Donc on laisse tomber le gaming.

Lé fotos

Systèmes de refroidissement pour processeur
De haut en bas et de gauche à droite : un ventirad Intel par défaut (RM1), un ventirad AMD par défaut (Wraith Stealth), un ventirad top-flow (BeQuiet! Shadow Rock LP), un ventirad tour (Noctua NH U12S), un radiateur passif (Thermalright Le Grand Macho), un watercooling All-in-one (NZXT Kraken X62) et un montage avec boucle de watercooling custom (PC Cybertek Arctic).

Bref, résumons

Utilisation Efficacité Silence* Coût
Ventirad par défaut Jeu sans OC Smiley bof Smiley non Smiley oui
Ventirad autre Jeu OC classique Smiley bof Smiley bof Smiley bof
Watercooling Jeu OC avancé Smiley oui Smiley non Smiley non
Passif Bureautique Smiley non Smiley oui Smiley bof
*Silence à budget égal (sauf le « par défaut », lui on n’a pas trop le choix de l’acheter)
OC : overclocking

Je n’ai pas mis de case « Style », ça dépend des goûts de chacun. Je n’ai pas non plus mis de case « Pression des pneus » parce que ça n’a rien à faire là.

Exemple de test : https://www.hardware.fr/articles/929-1/comparatif-19-ventirads-haut-gamme.html

Carte mère (CM)

La carte maman, c'est elle qui accueille tous tes composants et fait le lien entre eux. Est-ce que ce ne serait pas plutôt une carte grand-mère ?

Caractéristiques techniques

Vu que c'est le composant central, y'a du boulot ! Commençons par les caractéristiques principales :

Et ce sur quoi il faut garder un œil même si c'est moins crucial :

Petite remarque sur la connectique interne (genre PCIe, SATA, M.2, …) :
Certaines cartes mères ne permettent pas d’utiliser la totalité de leur connectique en même temps. Par exemple, il est fréquent que le branchement d’un SSD NVMe sur un connecteur M.2 secondaire désactive une entrée PCIe.
Du coup, si tu comptes brancher pas mal de choses sur ta future CM, vérifie dans sa doc qu’il n’y a pas de restrictions de ce genre. Les manuels se trouvent facilement sur les sites des constructeurs, et des mentions du genre « PCI_E4 will be unavailable when an M.2 SSD is installed in the M2_2 slot. » sont assez explicites.

Allez on reprend les carac principales !

Format

On peut croiser des CM sous différens formats, le plus courant étant l’ATX. On peut également croiser du mATX qui est un format plus réduit, utile pour des PC qui veulent se faire discrets. Forcément, qui dit format réduit dit nombre de connexions réduit pour d'éventuelles cartes filles, mais elles ont un tarif moins élevé.
D’autres formats sont plus spécifiques, et donc moins courants : ITX, E-ATX, FlexATX, …
Attention aux formats qui peuvent rentrer dans ton joli boîtier. C’est pas comme le métro parisien, en poussant fort ça ne passe pas tout le temps.

Formats de cartes mères
De gauche à droite, des cartes mères aux formats : E-ATX, ATX, mATX, mini-ITX.
Crédit image : Tom’s Hardware

Chipset

Le chipset, c’est ce qui permet à la CM de faire fonctionner ta config correctement et qui gère certaines fonctionnalités particulières, comme par exemple le RAID, le SLI/Crossfire, l’overclocking, ...
Pour un socket de CPU donné (exemple : AM4), il peut exister plusieurs chipsets qui changent en fonction des générations de proc et des gammes (exemple : X470 et X570). En général, chaque génération de processeur a sa gamme de chipset, et la rétrocompatibilité est plus ou moins bien assurée (Intel n'est pas très bon élève là-dessus). Donc l'évolutivité est à vérifier avant l’achat.

En amiral (oui j’ai déjà utilisé « général », ma prof de français de 4ème m’a conseillé d’éviter les répétitions), les chipsets d’une génération sont déclinés en 3 gammes :

Ça commence à être le bordel non ? Pour essayer de clarifier les choses j’ai pris l’exemple de 2022 avec les proc Intel série 12000 (socket 1700) et les proc AMD Ryzen 5000 (socket AM4) :

Gamme OC Multi-GPU RAM HF* RAID PCIe 5.0
Intel Z690 HdG Smiley oui Smiley oui Smiley oui Smiley oui Smiley oui
Intel H670 MdG Smiley non Smiley oui Smiley oui Smiley oui Smiley oui
Intel B660 EdG Smiley non Smiley oui Smiley oui Smiley bof Smiley bof
AMD X570 HdG Smiley oui Smiley oui Smiley oui Smiley oui Smiley oui
AMD B550 MdG Smiley bof Smiley oui Smiley oui Smiley oui Smiley bof
*HF : Haute fréquence (>2400MHz)

Il existe d’autres subtilités (lignes PCIe, étages d’alimentation…) mais je te laisse voir tout ça pour les chipsets qui t’intéressent.

Fréquence de la RAM

Les cartes mères ne supportent pas toutes les fréquences de RAM. Si tes barrettes de RAM pédalent trop vite elles seront « bridées » à une fréquence inférieure, supportée par la CM. Ça peut être dommage si tu l'as choisie aux petits oignons grâce au chapitre consacré (il arrive juste après, t'inquiète t'as rien raté).
Dans la doc de la CM tu verras peut-être, à partir d’une fréquence assez haute, une précision « (O.C.) » comme par exemple ici pour la Gigabyte Z390 Aorus Master à partir de 2800MHz.

Fréquences RAM compatibles
Crédit image : Gigabyte

Ne t’inquiète pas tu n’as pas à te lancer dans la science obscure de l’overclocking, les barrettes sont programmées pour s’overclocker automatiquement ! Elle est pas belle la vie ? Cette technologie d’« overclocking automatique » porte le doux nom de XMP chez Intel (pour eXtrem Memory Profile) et AMP chez AMD (pour AMD Memory Profile).

Parfois ces profils ne sont pas activés par défaut, il suffit d’aller faire un p’tit tour dans le BIOS pour cocher une option. Regarde bien dans le manuel de ta CM comment qu’il faut faire, parce que le BIOS c’est du sérieux.

En résumé

Exemple de test : https://www.anandtech.com/show/12072/best-motherboards

Mémoire vive (RAM)

Beaucoup plus rapide que la mémoire de stockage classique, la mémoire vive permet de stocker des données auxquelles le CPU aura accès très rapidement.

Caractéristiques techniques

Avant de creuser le sujet je ne ne pensais pas que ça pouvait être si compliqué de choisir de la RAM... Allez, laisse-moi te compliquer la vie à toi aussi ! Pour bien choisir sa mémoire vive il faut donc regarder :

Génération

La DDR5 est sortie fin 2021 mais mettra plusieurs années à s'installer, le temps que les prix baissent et que les gens renouvellent leur config. Pendant cette phase de transition de génération on peut alors se poser la question : DDR4 ou DDR5 ? Clubic y répond dans un article, par exemple ici pour Shadow of the Tomb Raider :

Comparaison générations de RAM
Crédit image : Clubic

On voit dans cet article que, pour du jeu uniquement, le choix de la RAM est assez négligeable, et c'est d'ailleurs quelque chose qu'on retrouvera dans les paragraphes suivants. Donc pas la peine de remplacer ton PC uniquement pour passer à la DDR5 !

Capacité et nombre de barrettes

Il vaut mieux éviter d'être radin en capacité de RAM. Si celle-ci est saturée, Windows emprunte une partie du stockage (oui, sur ton disque dur) pour simuler une mémoire vive, forcément beaucoup plus lente... Et tu risques de ramer tel Robbie Williams dans le clip de The Flood. Un article sympa sur Techspot montre qu’une trop faible quantité de RAM peut avoir un impact sur les performances, surtout avec des petites cartes graphiques dont la mémoire vidéo n’est pas suffisante, par exemple ici avec Shadow of the Tomb Raider :

Comparaison quantité de RAM
Crédit image : Techspot

Pour du jeu uniquement, la capacité minimale est 8 Go, mais ça devient de plus en plus tendu. Je te conseille de partir sur 16 Go pour être tranquille.

Au niveau du nombre de barrettes, c'est surtout du pinaillage. Si tu as 2 ou 4 barrettes, ta carte mère peut utiliser la technologie « Dual-Channel » pour optimiser la gestion de la mémoire. Un article des Numériques compare les perf en jeu de 1x16 Go et 2x8 Go de RAM, et il en ressort qu'en jeu, les gains sont de l'ordre de 2 à 3% :

Comparaison single/dual channel
Crédit image : Les Numériques

Enfin, Techspot (encore eux !) a mis en évidence que même en Dual-Channel il peut y avoir des différences entre 2x8 Go et 4x4 Go de RAM. C'est lié à la conception des modules de RAM et du contrôleur mémoire qui travaille en « Single Rank » ou en « Dual Rank », je t'épargne les détails (essentiellement parce que j'ai pas tout compris). Le test est par là si tu veux creuser le sujet. Encore une fois, on ne parle que d'une amélioration de quelques %, exemple avec Assassin's Creed Odyssey, particulièrement sensible à ces histoires de rank :

Comparaison single/dual rank
Crédit image : Les Numériques

En résumé, plus tu as de barrettes mieux c'est. Tu peux aussi penser en terme d'évolutivité, et ne prendre qu'1 ou 2 barrettes pour pouvoir en rajouter dans le futur. Je te fais confiance pour faire un choix éclairé sur cet aspect.

Fréquences et timings

Si tu cherches à faire un overclocking sérieux pour faire péter des records, tu auras besoin de timings très faibles et de fréquences très élevées. Mais si c’est le cas tu t’y connais assez pour ne pas avoir besoin de ce tuto. Mais peut-être restes-tu parce que tu adores me lire ;) Coquinou…

Pour le commun des mortels, les timings et fréquences ont assez peu d’impact sur les performances du PC en jeu. Dans le cas d’une configuration limitée par son CPU on peut avoir quelques % de gains en passant d’une mémoire à fréquence normale à une mémoire à haute fréquence. Exemple ici pour un Ryzen 9 5900X chez Tom's Hardware :

Fréquence RAM sur un Ryzen 5 5900X
Crédit image : Tom's Hardware

Le rapport gain/prix n’est pas pas forcément avantageux, et il pourrait être plus intéressant de mettre le surcoût dans une CG ou un CPU plus véloce plutôt que dans des barrettes de RAM plus dopées qu’un cycliste. Ces résultats sont valables pour les jeux, mais certaines applications « professionnelles » tirent davantage parti de fréquences élevées. Mais cela dépend beaucoup des logiciels et applications utilisées, il est difficile d'établir une règle générale.

Et les timings alors ? On n'en a pas parlé ! En fait les fréquences et timings sont très liés et influent tous les deux sur les performances de la RAM. Dans une mesure ridicule, on l'a vu, mais ce n’est pas une raison pour ne pas creuser le sujet ! Allez go.

Déjà, à quoi correspondent ces caractéristiques ? La fréquence peut être assimilée à la rapidité à laquelle la mémoire effectue une tâche, et la latence au temps de réaction de la mémoire. En gros. Vaguement. De loin dans le brouillard en fermant un œil. Quelques spécificités tout de même : la fréquence affichée est le double de la fréquence réelle (cherche pas à comprendre), et la latence est exprimée en nombre de cycles.
Par exemple, une mémoire 2400 MHz avec un timing CL de 16 effectuera 1 200 000 000 tâches par seconde, et le processeur devra attendre 16 fois la durée d’une tâche (soit 13 ns) pour obtenir la donnée demandée.
En vérité, il existe plusieurs timings (CL, tRP, tRCD, tRAS, par exemple 16-18-18-36) mais pour plus de simplicité, je ne prendrai en compte que le CL. Pour des explications détaillées sur les timings je te redirige vers cet article de Overclocking.com.

Dès lors, on comprend facilement que plus on a une fréquence élevée et des timings faibles, et moins le processeur devra attendre avant d’avoir l’info qui est stockée dans la RAM. Et donc meilleures seront les performances. Mais ça, c’est seulement si le processeur est l'élément limitant de ton PC. Si au contraire c’est ta CG qui limite tes perf, le proc se tournera les pouces quelle que soit la vitesse de la RAM.

À partir de là on peut imaginer classer les barrettes de RAM en fonction du temps d’attente CPU :

Formule attente CPU

Plus la RAM sera performante, plus l’attente CPU sera faible. Si on calcule cette attente CPU (en ns) pour différents couples Fréquence-CL de DDR4, on obtient ce type de tableau (tous les couples n’existent pas forcément) :

MHz \ CL 12 13 14 15 16 17 18 19
2133 11,25 12,19 13,13 14,07 15,00 15,94 16,88 17,82
2400 10,00 10,83 11,67 12,50 13,33 14,17 15,00 15,83
2666 9,00 9,75 10,50 11,25 12,00 12,75 13,50 14,25
2800 8,57 9,29 10,00 10,71 11,43 12,14 12,86 13,57
3000 8,00 8,67 9,33 10,00 10,67 11,33 12,00 12,67
3200 7,50 8,13 8,75 9,38 10,00 10,63 11,25 11,88
3600 6,67 7,22 7,78 8,33 8,89 9,44 10,00 10,56
3800 6,32 6,84 7,37 7,90 8,42 8,98 9,47 10,00
4000 6,00 6,50 7,00 7,50 8,00 8,50 9,00 9,50

Ça fait pas mal de chiffres, hein ?
Regardons-en juste quelques-uns. De la RAM à 3200 MHz et CL 16 obtient le même score que de la RAM à 2400 MHz et CL 12. Contre-intuitif non ? De la même manière, de la RAM à 3000 MHz et CL 14 semble plus intéressante que de la 4000 MHz et CL 19.

Ça, c’est la théorie. En pratique, ça donne quoi ? Pour (tenter de) répondre à cette question je me suis basé sur la base de données de UserBenchmark : https://ram.userbenchmark.com/. Ça vaut ce que ça vaut, mais cette BDD a le mérite d’être bien fournie et d’inclure un score de benchmark.
Seuls les kits 2x8Go de DDR4 sont considérés. Les fréquences et CL sont utilisés pour calculer le « temps d’attente CPU » qui est comparé aux scores de benchmark. Ce qui donne ce graphique :

Graphe RAM

Qu’est-ce à dire que ceci ? On voit que globalement, plus le temps d’attente CPU est faible, et plus le score de benchmark est élevé. Je n’irai pas jusqu’à tracer une droite mais ça me titille un peu quand même. Dans le détail (tu peux aller fouiller par toi-même) on retrouve ce qui a été supposé précédemment : de la RAM 3200 MHz CL 14 (8,750 ns) obtient un meilleur score que de la RAM 3600 MHz CL 17 (9,444 ns) : 97,1 vs 95,9 points. Résultats respectés dans certaines limites quand même : de la RAM 2133 MHz CL 13 (12,189 ns) obtient un moins bon score que de la RAM 2400 MHz CL 16 (13,333 ns) : 69,4 vs 75,0 points.

Évidemment, on peut se poser la question de la pertinence de ces scores : comment fonctionne le benchmark, quel est le matos associé à ces barrettes de RAM, quel est le nombre d’échantillons, … Mais selon moi, ça donne quand même une idée du comportement de la RAM.

Concluons concluons, je pense que nous en avons tous besoin. Nous avons vu que la fréquence ne suffit pas à évaluer les performances d’une barrette de RAM, et que les timings doivent également être pris en compte. Un simple rapport CL/fréquence permet de fournir un indicateur, le temps d’attente CPU, permettant de classer les modèles de RAM entre eux. D’après des scores de benchmark, cet indicateur donne une idée correcte des performances de la mémoire vive.
Cependant, les conditions du benchmark sont assez opaques. De plus, certains cas pratiques ne correspondent pas à la théorie. Enfin, les différences de performance entre kits de RAM en utilisation réelle seront beaucoup plus faibles que dans ce test spécialisé.
Dernier point sur les timings : je n’ai considéré que le premier, le CL, mais il en existe 3 autres qui peuvent être différents pour 2 kits à CL identiques. Ils ont également une influence sur les performances de la RAM, mais plus difficile à quantifier.

Du coup, qu’est-ce que tu achètes ? En gros, plus la fréquence est haute et plus le timing est faible, et mieux c’est. Ensuite tout dépend de ton budget est des prix du moment. Évite juste les barrettes à 2133 MHz et de type « Value » et/ou « Select » pour ne pas tomber sur du low-cost dont la durée de vie est aléatoire.

Fréquence : cas particuliers

Si j'avais mis ça dans le paragraphe précédent je t'aurais perdu(e). Pourtant c'est important !

Résumé

Stockage

Ces dernières années, nous avons assisté à une révolution dans le stockage informatique : les bons vieux disques durs, malgré leurs optimisations au fil des ans, sont remplacés par des SSD beaucoup plus vifs et robustes. Mais est-ce la fin pour les HDD ? Pas tout à fait. Rétapiculons…

HDD : Papy fait de la résistance

Avec les systèmes d'exploitation et logiciels modernes, les HDD sont trop lents pour être utilisés confortablement comme disques système (là où est installé Windows). C'est faisable, mais il va falloir que tu te montres patient.

Cependant, ils sont peu chers et sont donc une bonne solution comme disque de stockage (pour les photos, vidéos, ...) ou à la rigueur pour installer des jeux volumineux. Aujourd’hui (mercredi) j’aurais tendance à dire que 1 To est le minimum si tu souhaites y installer quelques jeux. De plus, je te conseille une vitesse de 7200 tr/min. Avec 5400 tr/min le DD aura du mal à suivre et les rares disques à 10000 tr/min n’en valent pas la peine.

SSD : Rapide comme l'éclair

Cette technologie est devenue quasi-obligatoire pour avoir un PC fluide et réactif, mais elle a un impact quasi-nul sur les performances en jeu (j’y arrive plus tard). Par contre c’est plus cher.

La technologie utilisée est radicalement différente de celle des HDD : on passe de plateaux tournants lus par une tête de lecture à des modules mémoires flash NAND, semblables à celles qu’on trouve dans les clés USB. Son gros défaut est sa durée de vie, qui dépend directement de la quantité de données écrite/effacée/réécrite sur les cellules mémoire.

Plusieurs générations de NAND se succèdent, avec pour objectif principal la réduction de coût de production (et donc du prix de vente) pour rendre les SSD compétitifs par rapport aux HDD. Pour cela, les fabricants font en sorte que de plus en plus de bits peuvent être stockés par chaque cellule. Cela permet de stocker davantage de données avec un nombre donné de cellules, mais en contrepartie la durée de vie des cellules est réduite à cause des plus nombreux cycles d'écriture/effaçage/réécriture.

Technologie Bits par
cellule
Nb de cycles moyen
SLC (Single Level Cell) 1 50 000 - 100 000
MLC (Multi Level Cell) 2 1 000 - 10 000
TLC (Triple Level Cell) 3 1 000 - 3 000
QLC (Quad Level Cell) 4 100 - 1 000

Ce nombre de cycle que peut endurer une cellule est difficile à estimer. Il dépend de beaucoup de facteurs extérieurs (espace disque disponible, température, …) et de choix de conception (cache, contrôleur, …).

Une méthode de conception efficace consiste à ajouter un cache DRAM (durée de vie beaucoup plus importante que la NAND) pour les données temporaires. Un cache de quelques Go permet ainsi d’éviter une part importante de l’usure des cellules de stockage.

Aujourd’hui les modèles les plus répandus utilisent de la mémoire NAND TLC 3D (ou V-NAND) ou de la QLC. Cependant la fiabilité de cette dernière est encore sujet à discussion, et on la recommande plutôt pour du stockage. Si tu veux creuser le sujet de la durée de vie des SSD tu peux aller voir cet article du Comptoir du Hardware

Cependant, avec un usage normal tu ne devrais pas atteindre la limite de vie de ton SSD. Si jamais tu veux le vérifier par toi-même, tu peux aller voir cet article du Comptoir du Hardware.

Les SSD récents existent sous deux formats :

Formats de SSD
De gauche à droite : Des SSD aux formats 2,5" (Crucial MX500) et M.2 (Samsung 970 EVO Plus)

Plus que le format, c’est l’interface avec la carte mère qui limite les performances globales des SSD. On en distingue deux, pas forcément liées aux formats cités ci-dessus :

Il est donc important que tu vérifies de quoi ta carte mère dispose : compatible M.2 ? Quelle taille ? Quelle interface ? … et quel type de PCI-e utilise ton SSD : 3.0 ? x2 ? x4 ?

Le débit que peut atteindre le SSD dépend fortement de l'interface avec la carte mère. j’ai essayé de bricoler un tableau pour que tu comprennes un peu mieux (valeurs grossièrement arrondies pour faire ressortir les différences ou les similitudes) :

Format Interface Débits IOPS* Latence
2,5" SATA-III ~ 500 Mo/s ~ 100 000 ~ 30 µs
M.2
PCI-E 3.0 x4 ~ 2 000 Mo/s ~ 300 000 ~ 20 µs
PCI-E 4.0 x4 ~ 6 000 Mo/s ~ 700 000 ~ 20 µs
PCI-E 5.0 x4 ~ 15 000 Mo/s ~ 1 700 000 ~ 20 µs
*IOPS : Input/Output Operations Per Seconds : Opérations par seconde. Type de mesure classique pour juger des performances d’un SSD. Plus c’est gros, mieux c’est.

Comme d'hab', attention aux infos données par les fiches techniques de SSD, les débits annoncés sont bidons. Cherche des vrais tests pour te faire une idée, par exemple sur Tom’s Hardware. Dans la pratique, un utilisateur lambda ne verra aucune différence entre tous ces débits. Pour les pro et les serveurs, c’est une autre histoire.

P'tite précision, les SSD M.2 interfacés chauffent beaucoup (surtout en PCIe 4.0 et 5.0) et peuvent être sujets au « throttle » : diminution automatique des performances pour réduire la température et éviter d’endommager le SSD. Surtout lorsqu’ils sont installés juste au-dessous d’une carte graphique à 80°C… Certains modèles sont pourvus de dissipateurs thermiques pour éviter cet effet de throttle.

Pour le jeu

Contrairement à l’OS, l’intérêt d’installer ses jeux sur un SSD n’est pas évident. Ce qui est certain c’est que ça n’apporte quasiment pas de gain de performance brut : tu ne vas pas doubler tes FPS en faisant ça. Déso. Tu gagneras peut-être 3 FPS mais dans ce cas il sera plus rentable de mettre le prix du SSD dans une meilleure CG.

Néanmoins je vois deux cas de figures où le SSD pourrait éventuellement être utile :

Une petite vidéo pour te faire une idée : www.youtube.com/watch?v=9dEsTiOeMQ4

Résumé

Les HDD ne sont pas assez rapides pour faire tourner Windows confortablement, mais restent une bonne solution comme stockage pas trop cher. Je te conseille au moins 1 To à 7200 tr/min.

Les SSD remplaceront totalement les HDD d'ici peu. Nous aurons alors des solutions de stockage rapides, silencieuses et résistantes au choc. Pour l’instant c’est un peu le berdol, espérons que ça se fige un peu mieux dans le futur.

Un compromis intéressant économiquement serait de prendre un SSD de faible capacité (250 Go ou 500 Go) pour le système d’exploitation et les logiciels courants, et de compléter avec un HDD de capacité plus importante (1 To ou plus) pour les logiciels lourds, les jeux, les vidéos, ... Le système profiterait ainsi de la réactivité du SSD tout en disposant d’une importante capacité de stockage.

Si jamais tu as soif de comparatifs plus poussés et de tests très spécifiques, je te redirige vers TechSpot qui compare les performances des technologies de stockage existantes.

Exemple de test plus classique : https://www.tomshardware.fr/2018/11/19/comparatif-geant-de-ssd-117-modeles-en-test/

Alimentation (PSU)

Bien que certains boîtiers soient fournis avec une alimentation, la qualité n’est pas souvent au rendez-vous. Je te conseille de choisir une alimentation séparée.

Puissance

Commençons par déconstruire un mythe : Non, tu n’as pas forcément besoin d’une alimentation de 1200 W. Dans la plupart des cas, 500-600 W suffisent pour un PC gamer. Des calculateurs existent, en voici une liste non-exhaustive :

Avec une configuration classique, on trouve une consommation d’environ 400 W. En gardant un peu de marge, ça donne une alimentation à 600 W. On est loin des 1200 W de la config de Jean-Michel Kikitoudur non ? Évidemment ça dépend des cas, si tu overclockes et/ou si tu fais du multi-GPU il faudra prendre une alimentation un peu plus gonflée et avec une connectique adaptée.

Ensuite, cette puissance peut être délivrée de manière différente. Une alimentation délivre trois tensions différentes à partir du 230 V de ta prise électrique : 3,3 V, 5 V et 12 V. Ces tensions sont issues de circuits électriques séparés dans le bloc d’alimentation, on parle de « rail ». Les rails 3,3 V et 5 V servent principalement aux ports USB et aux lecteurs SATA, on les appelle parfois des « rails secondaires ». Bah ouais les plus drôles sont quand même le processeur et la carte graphique. Ces zigotos sont alimentés par le(s) rail(s) 12 V, ou « rail(s) principal(aux) ». Yep, je me suis fait chier à mettre des « (s) » c’est pas pour rien.
La tension de 12 V peut être délivrée de deux manières différentes : via un unique gros rail (on parle d’alimentation « mono-rail ») ou via plusieurs rails plus modestes (alimentation « multi-rail »).

Pour expliquer les différences, je vais prendre l’exemple d’une alimentation imaginaire de 500 W.

Là, j’ai simplifié je n’ai pris en compte que le rail principal de 12 V. Certains fabricants peu scrupuleux peuvent additionner les puissances de rails secondaires des 3,3 V et 5 V pour annoncer une puissance la plus élevée possible. Si en plus tu as deux rails déséquilibrés (par exemple 25 A et 15 A au lieu de 20 A et 20 A) et que tu ne t’en rends pas compte, là c’est jackpot. Donc renseigne-toi bien avant de faire ton choix.
Plus d'infos : https://overclocking.com/quoi-sert-une-alimentation/

Les alimentations multi-rails tendent à disparaitre, on les retrouve plutôt sur les grosses puissances (800 W et plus). Pour être tranquille, je te conseille une alimentation mono-rail de qualité. Et pour la partie qualité, c’est un poil plus bas ↓.

Format

Eh oui, dans les alimentations aussi il y a des formats différents. Le plus répandu est l’ATX mais il en existe d’autres, comme par exemple le SFX pour les mini-PC. À vérifier avec ton boitier.

Modularité

Les composants du PC sont branchés à l’alimentation par des câbles. BAM ce scoop. Avec une alimentation non-modulaire tous les câbles sont intégrés au bloc. Tu ne les utiliseras pas tous, ils traineront donc dans le boitier, prendront la poussière et perturberont le flux d’air. Et ça fera moche si t’as une fenêtre.
Les alimentations modulaires permettent de brancher sur le bloc uniquement les câbles dont tu as besoin. Et le cable management devient plus facile !
Entre les deux on trouve des alimentations semi-modulaires dans lesquelles sont intégrés les câbles essentiels (CM, CPU, GPU) et permettent de brancher des câbles supplémentaires.

Rendement

La fonction d’une alimentation est de transformer le courant disponible dans la prise électrique en courant utilisable par les composants du PC. Cette transformation n’est pas parfaite, il y a un peu de perte qui se manifeste par une chauffe de l’alim. On parle de rendement : c’est le rapport entre la puissance fournie au PC et la puissance prise au secteur.
Le rendement n’est pas constant, il dépend de la puissance utilisée par le PC. Exemple ici pour une alimentation de 750 W (puissance en abscisse, rendement en ordonnée) :

Graphe du rendement d'une alimentation
Crédit image : TechPowerUp

La certification « 80PLUS » classe les alimentations en fonction de leur rendement :

Certification 80PLUS
Crédit image : Wikipédia

Plus on monte en gamme, meilleure est la qualité des composants, et plus l’alim sera efficace. Mais ça coûte aussi plus cher. Néanmoins je te conseille au moins une 80+ Bronze pour éviter de tomber sur des composants électroniques trop bas de gamme.

Les fabricants et la qualité

Et en parlant de qualité, tous les modèles ne sont pas égaux. Même s’il existe une pléthore de marques, le nombre de fabricants est finalement assez faible. Certaines marques se contentent d’acheter des blocs déjà prêts et d’y coller leurs étiquettes.
Les fabricants de confiance sont, en gros :

Certains fabricants vendent des alims sous leur nom (exemple : Seasonic, Fortron, Enermax). Attention cependant, certains de leurs modèles peuvent être fabriquées par quelqu’un d’autre qui offrira une qualité moindre (c’est vicieux, hein ?).

Si tu recherches une alim de qualité il faut donc que tu vérifies qui a fabriqué le modèle qui t’intéresse. Et pour ça, tu peux aller là :
http://www.realhardtechx.com/index_archivos/PSUReviewDatabase.html

Pour des tests poussés, tu peux aller faire un tour chez Jonny. C’est LA référence dans le petit monde des alimentations de PC : http://www.jonnyguru.com/index.php

Résumé

Exemple de test : https://www.tomshardware.fr/comparatif-dalimentations-pour-pc-nos-tests-de-195-modeles/

Boitier

Bah oui parce qu’un moment va bien falloir ranger tout ton bordel quelque part. Alors évidemmmmeeeeeennnt certains accrochent leurs composants au mur ou les mettent dans un bureau vitré. Mais restons classiques.
Alors déjà. Point numéro un. On ne découpe pas ses composants. Les gens du SAV peuvent être sympa, mais il y a des limites. Donc on prend un boitier à la bonne taille en faisant gaffe à pas mal de trucs :

Et là tu arrives sur des boitiers à 30€ et des boitiers à 250€. Kécécé la différence ? Quelques « détails » :

À toi de voir en fonction de ton budget, du style recherché et des options souhaitées. Mais les différences de prix ne sont pas que des affaires de marketing résultant d’un complot islamo-reptilo-bobo-franc-maçonnique.

Tu pourras trouver quelques tests sur Cowcotland (par exemple), avec la plupart du temps des vidéos qui font le tour du propriétaire : https://www.cowcotland.com/articles/boitiers-racks/

Bien que certains boîtiers soient fournis avec une alimentation, la qualité n’est pas souvent au rendez-vous. Je te conseille de choisir un boitier nu, et donc une alimentation séparée.

Conclusion

Nous y voilà. J’ai fait de mon possible pour te donner le maximum de clefs pour que tu choisisses toi-même tes composants, sans être obligé(e) de suivre les conseils d’un inconnu sur un forum. Un inconnu sur un site chelou c’est quand même bien mieux !
Si tu as encore soif de connaissance je t’invite à éplucher les liens fournis, ainsi qu’à explorer de nouveaux sites. Mais tu verras, en informatique on arrive rapidement à un point où on ne comprend plus grand-chose…

Un petit rappel de la règle d’or avant de te laisser voler de tes propres ailes :

HOMOGÉNÉITÉ
(pense à la raclette)

Allez, fais ton choix et sors la CB ! Dans tous les cas, n’oublie pas de follow, et on te fera de gros bisous virtuels <3

Exosky pour C3POtes

N’oublie pas que c’est grâce à vos dons que nous pouvons continuer à proposer ces tutos de qualité inférieure ainsi qu’un fabuleux site web fait à la main, made in France et garanti sans pub. Soutiens-nous ! → https://streamlabs.com/c3potes/tip

Les avis/remarques/corrections/ajouts sont les bienvenus. Tu peux nous envoyer un p’tit message sur nos pages de réseaux sociaux et on essaiera de te répondre si on n’est pas trop occupés à se faire spawnkill par la team adverse.